La Karmine Corp s'est qualifiée pour la grande finale des playoffs du LEC à Barcelone en venant à bout de Movistar KOI au terme d'une série disputée en cinq manches. Au micro de Tipsa, l'entraîneur Zeph revient sur les moments clés de cette rencontre, les choix stratégiques de l'équipe et aborde le duel à venir face à G2 Esports.
Une cinquième manche décisive remportée dès la draft
La rencontre s'est conclue sur une cinquième manche à sens unique en faveur de l'équipe française. Interrogé sur son état de stress avant cet ultime affrontement, Zeph explique comment la draft a rapidement dissipé ses inquiétudes : « C'était marrant, après la quatrième partie j'ai dit : "C'est GG, on a perdu, ils ont le côté bleu, c'est fini, on ne peut pas gagner la draft, c'est pas possible." Et au final, je pense qu'ils ont fait un mauvais choix. Le bannissement de Rell était intéressant parce que je me suis dit qu'ils voulaient jouer Twisted Fate et Gwen, et je me dis qu'il faut qu'on laisse Nami pour qu'ils soient obligés de la prendre parce que c'est trop fort. Et comme ça, il n'y a pas Twisted Fate et Gwen. »
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La stratégie s'est déroulée de manière optimale pour le coaching staff que de la Karmine Corp. L'entraîneur adjoint détaille le soulagement ressenti lors des choix adverses : « Au final, ils ont voulu bannir quand même et on se retrouve dans une situation où je pensais qu'ils allaient choisir Twisted Fate, mais ils ne le prennent pas. Et là je me dis : "C'est bon, on va pouvoir jouer la partie normalement." Du coup, quand j'ai pu bannir Twisted Fate en dernière rotation, j'étais tellement heureux. Le problème de Twisted Fate et Gwen, c'est qu'il y a peu de champions que tu peux jouer qui sont bien à la fois contre Twisted Fate et Gwen. Avec le Twisted Fate qui bouge partout, ça devient chiant. »
L'approche tactique et l'importance de la confiance
L'entraîneur souligne également l'impact de son propre état d'esprit sur la qualité de son travail tactique : « Ces deux dernières années j'étais si relax. J'arrive et je me dis : "Quel seul ban ai-je envie de faire ? Vas-y, on fait ce ban." Et après on fait des bannissements ciblés ou des bannissements à moitié ouverts. Quand je suis dans cet état d'esprit, que je suis relax et que je n'ai pas peur de ce qu'ils peuvent jouer, je pense que tu te retrouves avec des drafts un peu plus solides. »
Il confirme la confiance totale accordée à son effectif, capable de faire la différence sur des compositions équilibrées : « De manière générale, notre équipe est assez forte. Si on a des drafts qui nous vont bien, en général on gagne. Je ne dis pas que c'est la draft, je dis juste que si on a de bonnes drafts, en général, ils sont assez bons pour porter la partie. Je pense que nous sommes juste assez bons pour gagner les drafts en 50/50. »
Cette confiance s'illustre particulièrement dans l'utilisation de champions atypiques, notamment par le jungler Yike, que Zeph connaît bien depuis leur passage commun en ligue française : « Yike a toujours été excellent. Ça n'a rien changé. Je pense qu'il faut pouvoir se le permettre et lui faire confiance sur des champions comme Kha'Zix ou Naafiri. Laissez-le faire sa partie. Et je pense que j'étais content que nous ayons eu l'opportunité de pouvoir faire ça aujourd'hui, parce que ce sont des champions contre lesquels les gens n'ont pas beaucoup joué, et ce sont des champions que Yike adore. »
La préparation face à G2 Esports et les enjeux internationaux
La Karmine Corp doit désormais affronter G2 Esports en grande finale de ce LEC Versus. Zeph évalue le rapport de force entre les deux équipes : « G2 a des forces et des faiblesses différentes et ça dépend de leur réserve de champions. Je pense que G2 est plus solide en phase de draft, c'est plus normal, plus 50/50. Demain on sait ce qui va se passer : on va échanger des draft et bonne chance à tous. Ça va vraiment dépendre de ce qu'ils vont manger au petit-déjeuner et comment ils vont dormir. »
Le technicien français a également tiré les leçons de leur précédente confrontation en saison régulière, perdue 2-0 : « Je pense que sur les drafts on s'était ratés. On a pris des décisions qui étaient un peu illogiques pour essayer de les embêter, mais ça ne sert à rien les gars. Soit on est bons, soit on est meilleurs et bonne chance. C'est un peu l'état d'esprit que j'avais aujourd'hui. La manière dont ils choisissent leurs champions est sans risque. Si j'essaie de les surjouer lors de la draft, des fois je peux me piéger tout seul. »
Interrogé sur l'enjeu supplémentaire que représente la qualification pour le tournoi international First Stand, l'entraîneur garde la tête froide et relativise l'importance de l'événement par rapport au reste de la saison : « Moi personnellement je m'en fiche. C'est cool d'aller au First Stand, c'est un événement où je ne suis jamais allé donc c'est cool d'y aller. Après, l'avantage du First Stand c'est de pouvoir jouer contre les équipes asiatiques, mais il n'y aura pas beaucoup d'équipes. Pour moi, le MSI c'est le plus important parce que tu as l'EWC et le MSI qui font que tu auras beaucoup d'entraînements d'affilée et tu pourras jouer toutes les meilleures équipes au même moment pendant longtemps. C'est là que tu exploses ta progression selon moi. C'est un bonus, si on gagne le LEC et qu'on va au First Stand, tant mieux. On va pouvoir représenter l'Europe au Brésil et on va s'amuser. »
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