En balayant Movistar KOI lors de la finale du LEC Summer Split 2026 à Nice, G2 Esports a parachevé une année de domination absolue sur le Vieux Continent. Grand artisan de ce succès, le jungler français SkewMond a profité de cette victoire pour décrocher son quatrième titre consécutif. Au micro de RFT.GG, il revient sur la préparation de cette finale, le style tout-terrain de son équipe sous l'égide de Perkz, son duel à distance avec Elyoya et Yike, et ses ambitions de revanche pour les Worlds.
Ajoutez aAa à vos sources préférées sur GoogleUne finale expéditive mais préparée avec méfiance
Si le score sec de 3-0 laisse imaginer une promenade de santé, SkewMond assure que l'équipe n'a jamais pris Movistar KOI à la légère, surtout après des entraînements pour le moins compliqués avant de rallier le sud de la France.
Honnêtement, je ne m'attendais pas à ce que ça ait l'air si facile sur scène. Nous les avions affrontés en scrims avant de partir à Nice et ils nous avaient pas mal défoncés. Forcément, avant ces entraînements, on s'attendait logiquement à voir la Karmine Corp revenir en finale puisqu'ils avaient fait du 9-0 en saison régulière. Mais après avoir joué contre KOI, le doute s'est installé et on voyait clairement l'upset possible. C'est pour cela qu'on ne les a pas du tout pris à la légère aujourd'hui. On s'était préparés contre les deux équipes, ce qui fait que mentalement, nous n'étions pas surpris de voir KOI passer. On a beaucoup travaillé pour être prêts.
Capable de jouer autour de sa botlane, d'imposer un rythme effréné en early game ou de capitaliser sur des teamfights lents, G2 Esports a affiché une polyvalence redoutable. Pour SkewMond, cette capacité d'adaptation est directement liée au travail abattu avec leur nouvel entraîneur.
Parler de "League of Legends total" est une bonne description. C'est quelque chose que l'on a beaucoup fait sur ce segment, notamment suite à l'arrivée de Perkz. On connaît très clairement nos forces et nos faiblesses, ce qui nous permet d'être très versatiles quand vient le moment de jouer tel ou tel champion. Chaque jour d'entraînement, nous avons une approche différente, que ce soit sur l'intensité que l'on veut mettre ou la façon de tester un pick. C'est ce travail qui fait qu'on est à l'aise sur autant de styles aujourd'hui.
À titre personnel, le Français a également su corriger le tir après des playoffs madrilènes où il s'était montré plus fébrile, prouvant sa capacité à se remettre en question pour dominer le jour J :
Lors des matchs précédents, j'avais fait des erreurs assez stupides en early game, ce qui a rendu mes parties très compliquées. Même lors des victoires, si j'avais mieux joué sur mes conditions de victoire, on aurait stomp bien plus facilement. Aujourd'hui, j'étais vraiment super concentré sur mes prises de décision en début de partie pour donner une bonne direction à la game. J'ai aussi regardé très attentivement comment l'équipe adverse jouait, et ça m'a permis de prendre pas mal d'avantages.

Elyoya, Yike et le trône européen
En remportant quatre titres de rang, SkewMond a systématiquement affronté Elyoya (MDK) et Yike (Fnatic) en finale. Invité à comparer ses deux grands rivaux, le jungler de G2 livre une analyse technique précise de leurs profils.
Je trouve qu'Elyoya est assez complet et discipliné dans sa manière de jouer avec son équipe. Il possède une très bonne vision de jeu en général. Pour Yike, c'est un peu plus instinctif de ce que je peux voir. Il est peut-être moins complet en termes de champion pool comparé à Elyoya, mais sur des carrys, il est très bon. Mécaniquement, il est plus fort qu'Elyoya, par exemple. Ce sont vraiment des forces différentes.
Lorsqu'on lui demande s'il estime avoir mis fin au débat pour savoir qui est le meilleur jungler d'Europe, SkewMond assume son statut avec assurance : « De mon côté, je trouve que oui. Même s'il y a des choses que je peux encore mieux faire et qui sont dures à percevoir quand on n'est pas joueur, si on regarde la globalité, oui, je le suis. »
L'obsession des Worlds et l'heure de la revanche
Avec la couronne européenne solidement fixée sur la tête, G2 Esports se tourne désormais vers les championnats du monde. Conscient des erreurs commises lors du dernier MSI, où l'équipe avait mis du temps à cerner la méta malgré des victoires de prestige contre T1 et Top Esports, SkewMond compte bien imposer une rigueur martiale dès les premiers jours du bootcamp asiatique.
La leçon principale, c'est que la façon dont tu commences ton tournoi est cruciale, et je ne parle même pas des matchs officiels. Dès le bootcamp, il faut arriver en force. Il ne faut surtout pas prendre ces premiers scrims à la légère en se disant qu'on s'en fout. Il faut être constant, étudier son adversaire partie après partie et comprendre rapidement ce qui est fort dans la méta. C'est un avantage de fou. Pour les adversaires, j'aimerais bien prendre ma revanche sur Inspired après notre 0-3 au MSI, il y a pas mal d'ego entre les deux équipes. Mais surtout, si je peux affronter Xun et Kanavi, ce sont vraiment les deux contre qui j'ai le plus envie de jouer. J'ai l'impression qu'ils ont beaucoup mieux joué que moi lors de nos dernières rencontres l'année dernière, ce sont ceux contre qui j'ai eu le plus de mal. J'ai vraiment hâte d'avoir ma revanche.
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