Le parcours de NAVI s'est arrêté aux portes du podium. Éliminée lors des playoffs du LEC Summer Split 2026, l'équipe termine sa saison à la quatrième place, un résultat synonyme de qualification pour la Demacia Cup. Au micro de Tipsa, l'entraîneur français GotoOne a livré une analyse de la défaite de son équipe face à une opposition mieux rodée, avant de dresser le bilan de cette année de transition et d'aborder la marge de progression de son jeune effectif.
Ajoutez aAa à vos sources préférées sur GoogleUn déficit tactique assumé face au top 3
Face aux cadors de la ligue LEC dans ce Summer Split, NAVI a fini par trouver ses limites. Sans chercher d'excuses, GotoOne reconnaît la supériorité stratégique de ses adversaires, particulièrement dans la gestion du rythme et des transitions, un domaine où son équipe pèche encore par manque d'expérience.
Il n'y a pas à tourner autour du pot, nous n'étions tout simplement pas au même niveau. Lors de la première manche, nous avons réussi à tenir jusqu'au bout et à être décisifs sur les derniers combats, mais par la suite, ils ont analysé notre jeu et nous n'avons jamais réussi à aller les chercher. Il y a un fossé fondamental dans la gestion du mid game. Face à une équipe comme la Karmine Corp ou G2, il y a un écart avec nous. Il ne faut pas se mentir, s'ils jouent ce match 100 fois, ils ont l'avantage sur 80 parties. Ce sont des équipes qui savent jouer lentement. De notre côté, nous avons besoin d'être proactifs pour dicter le rythme. Ils ne nous ont pas donné les angles pour l'être, et c'est là que nous avons un peu perdu pied. Cela montre qu'il y a encore beaucoup de potentiel à aller chercher.
Terminer dans le dernier carré régional constitue un motif de satisfaction pour le technicien français. À la tête d'un cinq de départ composé de plusieurs débutants à ce niveau, GotoOne dresse un parallèle avec ses succès passés tout en mesurant le chemin parcouru.
J'aurais signé pour un top 4 en début d'année, évidemment. C'est le même résultat que j'avais obtenu à l'époque avec BDS, sauf que cela donnait accès aux Worlds, alors qu'ici cela nous qualifie pour la Demacia Cup. Bien sûr, on peut toujours refaire l'année et dire qu'on aurait pu mieux travailler sur certains aspects. Mais pour une première année avec une équipe de rookies, ce n'est pas facile. En face, tu as trois line-ups remplies d'expérience qui sont forcément dures à bousculer en playoffs. Les projets sont d'ailleurs très différents : chez BDS, j'étais au cœur de la construction avec l'académie sur deux ans. Chez NAVI, je suis arrivé pour m'ancrer dans un projet existant. Dans les deux cas, j'ai pu apporter ma pierre à l'édifice, mais la dynamique de NAVI n'a rien à voir.

L'importance de l'expérience internationale à la Demacia Cup
Plutôt que d'utiliser la qualification à la Demacia Cup Global Invitational 2026 comme un laboratoire pour le mercato de l'année prochaine, GotoOne perçoit ce tournoi de fin de saison comme une étape de développement indispensable pour ses joueurs. L'occasion de se confronter à d'autres visions du jeu.
Je n'ai pas du tout pensé à l'option d'utiliser la Demacia Cup pour faire des tests en vue de l'année prochaine, ce n'est pas mon rôle. Pour moi, c'est avant tout une façon d'acquérir de l'expérience à l'international, ce qui est une chose très précieuse et normalement très dure à obtenir. Quand on regarde les équipes du top 3 européen, elles ne sont composées que de joueurs qui ont déjà un passif à l'international. Quand on joue uniquement dans une seule ligue, on finit par s'enfermer dans une méta et un style de jeu. Le fait de pouvoir partir à l'étranger va ouvrir les yeux de nos joueurs et du staff. C'est une excellente opportunité pour que tout le groupe prenne de l'expérience, qu'il y ait des changements dans l'effectif l'an prochain ou non.
Moins présent sur les réseaux sociaux que d'autres acteurs de la scène, GotoOne a profité de ce retour au premier plan pour valider ses méthodes de travail. Après un passage en LFL, ramener une nouvelle structure dans le haut du tableau européen résonne comme une confirmation de ses compétences.
Je ne suis pas très expressif publiquement car je considère que mon énergie doit être dirigée vers mes joueurs plutôt que sur les réseaux. J'ai un agent pour m'aider sur la partie communication et sur le mercato, car ce n'est pas mon point fort. C'était un vrai défi personnel de revenir à ce niveau. Je ne voulais pas forcément prouver aux autres, mais me prouver à moi-même. Quand tu fais une première année réussie en LEC, tu peux te dire que tu as eu de la chance ou que les joueurs autour de toi étaient juste très forts. Réussir à revenir avec un projet complètement différent, des normes différentes, et échouer de si peu pour la qualification aux Worlds, cela me prouve que j'apporte quelque chose de positif.
Questionné sur les limites actuelles de son effectif, l'entraîneur refuse de fixer un plafond de verre : « Je ne pense pas que nous ayons atteint notre limite. Notre progression lors du Summer Split a été bonne, mais insuffisante. Nous avons encore beaucoup de concepts de jeu à travailler. Si nous arrivons à les déverrouiller, alors nous pourrons peut-être atteindre le stade supérieur. »
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