Après un parcours remarqué au First Stand avec LYON, le toplaner nord-américain Niship "Dhokla" Doshi s'est confié au média prodiff.gg. Il revient sur ses performances individuelles, l'état de la scène compétitive nord-américaine et les ambitions de son équipe pour le Spring Split des LCS.
L'expérience internationale et les axes d'amélioration
Recruté par LYON suite aux problèmes de visa de Frankie "Zamudo" Lin, Dhokla a remporté le titre de champion du LCS Lock-In 2026 se qualifiant ainsi pour le tout premier tournoi international de la saison : le First Stand au Brésil. Si son équipe a vaincu LOUD (3-2) lors du premier tour de la phase de groupes, elle s'est ensuite inclinée face aux cadors asiatiques Gen.G et JDG.
Interrogé par prodiff.gg sur son insatisfaction concernant son niveau de jeu à l'issue du tournoi, le joueur identifie des points précis à travailler. « Être au bon endroit pour les teamfights. Ça a été un facteur décisif dans la série contre JDG », explique-t-il. Il pointe également la préparation tactique : « Nous pourrions aussi faire mieux en draft ; contre Gen.G, nous n'avions pas vraiment de bonnes réponses à leurs champions. Ces deux points seraient les plus importants, c'est sûr. »
En tant que vétéran de la ligue, Dhokla a fait évoluer sa méthode d'entraînement. « Mettre plus d'intention dans ma démarche, c'est le plus important. Me concentrer sur l'aspect spécifique du jeu que je veux améliorer, regarder beaucoup de VOD qui abordent ces concepts et les appliquer. », détaille le toplaner.
La flexibilité tactique face aux meilleures équipes mondiales
Lors du First Stand, LYON a souvent cherché à sécuriser des counter picks sur la toplane. Un choix assumé par le joueur : « Je pense que cela donne plus de valeur à la draft si vous pouvez bien counter pick et en tirer un avantage. Nous pensions que c'était quelque chose dont nous pourrions tirer un avantage contre d'autres équipes. »
Dhokla s'est également illustré par des choix atypiques comme Vayne ou Garen contre LOUD, avant de revenir sur des champions plus traditionnels face à JDG. Il justifie cette approche pragmatique : « Je pense que l'adversaire importe peu. Si le champion semble bon dans cette situation précise, alors il faut simplement le jouer parce que vous n'aurez probablement pas de meilleur scénario. Je regarde ce qui me semble bien et je décide à partir de là. »
La rivalité avec le Brésil et l'Europe
Si l'équipe brésilienne LOUD a posé des difficultés, Dhokla estime que l'Amérique du Nord conserve une longueur d'avance sur le Brésil. « Je pense que si l'on compare le haut du tableau, nous sommes meilleurs, mais je n'en suis pas certain. Ils ont battu nos deuxième et troisième seed lors de l'Americas Cup 2026 », nuance le joueur. « Je pense que globalement, en tant que région, nous sommes probablement encore au-dessus, mais ils ont sans aucun doute de bonnes équipes chez eux également. Ça semble très serré en ce moment, et ils ont d'ailleurs récupéré une deuxième place qualificative. Je pense qu'au prochain événement international, nous verrons mieux à quel point l'écart est serré. »
Concernant l'Europe, LYON a pu s'entraîner contre G2 Esports durant l'événement. « C'était plutôt compétitif. J'ai l'impression que les matchs seraient très disputés entre nos régions ; je n'ai pas trouvé qu'il y avait un fossé énorme », juge le toplaner. « C'est tout l'avantage de participer à ces événements internationaux. On a l'occasion de scrim les meilleures équipes pour voir ce qu'il faut travailler et améliorer. Je suis optimiste sur notre capacité à réduire l'écart. »
La nécessité de repenser le système de développement
Questionné sur les solutions pour améliorer la compétitivité nord-américaine, Dhokla identifie le vivier de joueurs comme le frein principal. « La base de joueurs est tout simplement beaucoup plus faible et l'intérêt n'est pas aussi présent que dans d'autres régions. Ça fait partie de la culture ; c'est différent ici », constate-t-il. Pour lui, l'avenir du Tier 2 doit s'articuler autour du système universitaire. « Peut-être essayer de l'articuler autour de l'université, parce que je pense que c'est finalement la meilleure voie », propose le joueur. « Vous ne voulez pas que des jeunes de 18 ans abandonnent leurs études et n'aient aucune structure pour leur avenir. Il faut lier ça à l'université ; je pense que c'est la meilleure idée. Si cela peut être aligné, alors c'est probablement notre meilleur moyen de regagner une partie du public et de remonter la pente. »
Lui-même passé pro à 19 ans, il mesure les dangers de ce parcours : « C'était très risqué et il n'y avait pas de bonne solution de repli si ça ne marchait pas. Je ne voudrais plus être soumis à un tel risque. Avec le recul, ça a marché, mais c'était aussi très risqué à traverser. »
Les ambitions de LYON pour le Spring Split
De retour en LCS, LYON doit confirmer son statut de champion en titre. « Pour nous, l'objectif est de s'appuyer sur notre expérience au First Stand et de corriger nos erreurs », annonce Dhokla. « Nous avons gagné [le dernier split], mais nous devons simplement avoir une domination pendant la saison régulière et continuer à bien jouer, car des équipes comme C9 et TL seront toujours compétitives. »
L'intégration au sein de l'équipe continue de progresser, notamment autour du jungler polonais Inspired. « Inspired est une voix très présente dans notre équipe, mais je pense que tout le monde s'est senti plus à l'aise au fil du temps », souligne le toplaner. « Nous donnons tous notre avis sur ce que doit être le plan de jeu, et je pense que le First Stand a montré que nous devions encore y travailler pour que tout le monde soit sur la même longueur d'onde. Ce sera notre but pour le deuxième split : que chacun puisse s'exprimer, mais aussi garder une vraie cohésion sur notre objectif pour que tout le monde aille dans la même direction. »
LYON affrontera Cloud9 en match d'ouverture du Spring Split des LCS le samedi 4 avril.
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