Sans équipe depuis la fin du LFL Invitational, Adam s'est longuement entretenu avec Tipsa il y a quelques jours pour faire le point sur sa situation actuelle. Le toplaner français revient sur son expérience atypique au sein du projet French Flair, détaille sa préparation pour le reste de l'année et répond aux critiques concernant sa réputation dans l'écosystème de League of Legends.
Une pause forcée et le bilan de l'aventure French Flair
Pour la première fois de sa carrière, Adam se retrouve sans équipe. Un repos contraint, dicté par un calendrier défavorable où la fin des EMEA Masters coïncidait avec le début du Spring Split, l'empêchant de rebondir immédiatement après l'aventure French Flair. Il tire un bilan contrasté mais positif de ce projet d'équipe monté par Trayton. Si le roster suscitait de grandes attentes, la chute face à BIG a laissé un goût d'inachevé. Il analyse : « C'était une aventure assez intéressante qui s'est finie bizarrement. Je n'ai personnellement pas fait le meilleur de mes BO du split en termes de performance, mais on aurait pu aller un peu plus loin, voire même se qualifier dans le tournoi à la place de Solary ou Aegis. »
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Adam concède également que le cadre d'entraînement s'éloignait des standards professionnels habituels, tout en conservant une forte volonté de victoire : « C'était compliqué de se donner à 100 % depuis chez soi avec un cadre un peu "goofy". Notre head coach, Andrea, était là à 90 % de nos scrims, mais en cas d'imprévu ou si quelqu'un ne se sentait pas bien, on annulait. Ce n'était pas extrêmement professionnel, mais tout le monde avait envie de gagner. J'ai beaucoup apprécié l'expérience. »
Le viseur pointé sur le Summer Split et l'Esport Nations Cup
Loin de se laisser abattre, le joueur maintient une routine stricte en spammant la SoloQ et en analysant un maximum de rencontres compétitives pour rester affûté. Son objectif à court terme est clair : retrouver une structure de premier plan pour le segment estival. Cette reprise est d'autant plus cruciale qu'elle s'inscrit dans la préparation de l'Esport Nations Cup prévue en novembre, où il portera les couleurs de l'équipe de France. Il détaille ses impératifs : « J'ai besoin d'être dans un environnement professionnel quelques mois avant la Coupe des Nations pour m'assurer d'être en forme mécaniquement, me réhabituer aux scrims et à la méta. Faire un break de plusieurs mois et revenir comme ça, ce n'est pas quelque chose dont je suis fan, encore plus pour représenter l'équipe de France. »

Concernant son futur point de chute, le toplaner se montre pragmatique. S'il conserve l'ambition ultime de retrouver le LEC, il privilégie avant tout un environnement propice à la performance : « Si une équipe du bas de tableau en LEC me propose une place, mais que j'ai le choix avec une équipe top tier en ERL, je pense qu'à ce stade de ma carrière, c'est plus optimal de prendre l'ERL. Si je vais dans une équipe LEC de bas de tableau et que ça flop, c'est terminé pour moi. Alors que si je performe en ERL avec les EMEA Masters, les gens verront que je suis toujours là. »
Un caractère affirmé face aux critiques
Souvent étiqueté comme un joueur talentueux mais au caractère complexe, Adam assume pleinement sa personnalité et déconstruit les rumeurs l'entourant. Les réseaux sociaux et l'image de joueur « toxique » glissent sur lui sans l'atteindre. Il apporte une nuance importante sur son comportement en interne : « La réalité, ce n'est pas ce qui se dit sur les réseaux. Les recruteurs privilégient simplement d'autres profils. De manière complètement objective, je ne suis pas un profil forcément facile à gérer. Je challenge toujours mes coéquipiers et mes coachs, je vais tout le temps au débat pour être sûr que ce que l'on fait va dans la bonne direction. Avoir une grosse personnalité dans l'équipe peut être vu positivement ou négativement selon les gens. »
Cette force de caractère se traduit par une confiance inébranlable en ses capacités. Adam reste persuadé d'avoir sa place dans l'élite européenne : « Je sais que j'ai le niveau LEC, donc je n'ai absolument pas à douter de moi. En termes de talent sportif, j'ai le droit d'y être. C'est aussi cette sorte d'ego qui m'a fait devenir la personne que je suis et qui m'a permis de performer à mon pic. Je ne changerais ça pour absolument rien au monde. »
Des clins d'œil à Shifters et un retour progressif
En fin d'interview, le joueur adresse un tacle amical à l'équipe Shifters, désormais entraînée par son ancien coach Striker, et n'hésite pas à piquer Rooster au passage : « J'espère que Striker comprendra que je suis le joueur que Rooster rêve d'être. Ça prouvera qu'il avait tort de me bench et que je suis meilleur que Rooster et Irrelevant. » Une boutade qui cache un réel respect pour son ancien mentor, qu'il qualifie de « grand frère dans l'esport ».
En attendant son retour officiel dans la faille ou sur Twitch d'ici un petit mois pour un événement lié à la scène française, Adam profite de cette période pour souffler, s'entraîner et se ressourcer loin de la pression médiatique, prêt à rebondir dès cet été. Retrouvez l'interview complète juste en dessous.