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À la rencontre de Nisqy, midlaner chez Splyce

Par BuKm0r le 16/05/2018 à 16:19

Après DioudSteeelback et Zaboutine, la rédaction *aAa* est allée à la rencontre de Yasin "Nisqy" Dinçer. 

 

Sa carrière de joueur professionnel débute en janvier 2015 lorsqu’il rejoignit la formation PunchLine Esport Club aux côtés de joueurs bien connus de la scène française comme Shemek, Nerroh et Tiger. Dans les années qui suivirent, il intégre successivement InFamouS Esport, E-corp Gaming, Team Orora, Melty eSport Club et Team-LDLC. Sa carrière européenne/internationale débute réellement en novembre 2016 avec Fnatic Academy, équipe avec laquelle il remporte les playoffs du Summer Split des Challenger Series 2017 (3-2 contre le PSG eSports). Aux côtés de Kikis, Amazing et MrRallez, il se qualifie par la suite pour le Summer Split des LCS Europe. Vu que le règlement de Riot Games ne permet pas aux organisations d’avoir deux équipes dans une même ligue, Fnatic vend le second slot obtenu par son équipe académique.

 

Quelques jours avant l’annonce du rachat du slot par la structure Ninjas in Pyjamas, Nisqy fait ses valises pour rejoindre la ligue outre-Atlantique et la formation Team EnVyUs. Malheureusement pour l’organisation nord-américaine, son dossier de candidature pour la ligue franchisée saison 2018 est refusé. C’est ainsi qu’après avoir passé un split aux États-Unis, le joueur belge aujourd'hui âgé de 19 ans décide de revenir sur le vieux continent et d’intégrer la formation Splyce afin de participer à la saison 2018 des LCS EU avec Odoamne, Xerxe, Kobbe et Kasing. 

 

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Crédits Photo @RiotGames

 

Salut, Nisqy. Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, tu es joueur professionnel depuis maintenant trois ans. Mais revenons au début. Comment as-tu commencé League of Legends ?
Si je me rappelle bien, c'est mon cousin qui m'avait dit de commencer le jeu. Il savait que j'aimais les jeux qui demandent beaucoup de skill. Il m'avait dit que c'était un jeu super cool. Donc j'ai commencé, et je n'ai pas du tout aimé au début. Mais après, mes frères et mes potes ont continué à jouer. Moi, j'étais sur CS 1.6 à l'époque. Mais bon, quand j'ai vu que tout le monde jouait à League, je me suis dit que j'allais y jouer aussi, je ne connaissais plus personne qui jouait à CS. J'ai joué à ça avec eux, et après j'ai fait des soloQ, des ranked, et j'ai commencé à monter. Et c'est là que j'ai compris qu'en fait, j'étais bon au jeu. Et voilà.

Et sur CS, tu n'avais jamais eu cette sensation de pouvoir percer ?
À l'époque, j'étais très très jeune quand je jouais à CS. J'avais un niveau au-dessus de la moyenne malgré ma jeunesse mais je n’avais pas l'état d'esprit pour vouloir devenir pro sur CS:GO et faire ça toute ma vie. De toute façon, à l'époque, tu devais avoir peut-être 10 pros. Je ne réfléchissais pas vraiment à ça, je jouais pour le fun, j'étais bon et c'est tout.

À quel moment t'es-tu dit que tu pourrais jouer à un plus haut niveau ? Voire même passer professionnel ?
Je ne sais plus exactement, mais c'était quand il y avait le Diamant 1 à 99 LP. Je crois que c'était lors de la saison 3. Je jouais avec beaucoup de pros, et tu finis par t'en rendre compte tout seul. Quand tu rentres de l'école, tu full spam le jeu, et après, si tu aimes vraiment le jeu, tu deviens meilleur, tu grind, tu rencontres des pros, les pros commencent à te parler et là tu te dis "OK, s'ils me parlent, c'est que je ne dois pas être si mauvais". Et après, tu en as qui te demandent de duo et des trucs comme ça, et c'est là que tu te dis "je vais tenter ma chance". Du coup après, quand tu joues, tu te concentres encore plus, et tu deviens meilleur.

Qu'en a pensé ta famille à ce moment-là ?
À vrai dire, ce n’était pas facile. À ce moment-là, je n’étais pas non plus ouf. Mon niveau individuel n'était pas mal, mais au niveau des équipes, ce n'était pas fou. Je ne pouvais pas avoir de bonne team, surtout qu'en face, en France, il y avait Millenium, imG et tout ça, et quand j'ai fait mes premières LAN, au début, ça a été un échec. Je suis allé en LAN pour faire des top 16 et c'est tout, en ratant parfois les cours le vendredi. Ce n'était pas facile de convaincre mon père. Mais finalement, il m'a donné ma chance, et voilà. Il n'aimait pas vraiment ça au début, mais en fait, vu que mes frères aussi jouent à LoL, c'est eux qui ont pratiquement convaincu mes parents de me laisser aller en LAN pendant les cours, etc.

Tu as joué pour 6 équipes françaises différentes entre janvier 2015 et novembre 2016. Pourquoi cette instabilité ?
À l'époque, il y avait pratiquement une organisation pour chaque LAN. Il n'y avait pas vraiment de gros contrats. Tu pouvais parfois dire à une équipe que tu allais jouer pour eux à la prochaine LAN et c'est tout. Si, après, tu avais une autre équipe qui venait te chercher et qui était mieux... on n'était pas loyal avec les organisations à l'époque. On allait en LAN avec la meilleure équipe possible, qui par ailleurs était souvent une bande de potes. Ce n'était pas vraiment pour le niveau que je choisissais mes coéquipiers. J'ai souvent changé de coéquipiers, parfois parce que l'ambiance n'était pas terrible... mais le niveau n'était pas forcément tout ce qui m'intéressait. C'est par la suite que j'ai compris qu'il fallait plutôt viser les joueurs qui avaient vraiment un bon niveau et pas forcément les potes.

Et pour toi, ce phénomène était plutôt dû à un échec des organisations qui n'ont pas réussi à vous sensibiliser sur l'intérêt d'une bonne stabilité pour pourvoir performer ? Ou est-ce plutôt les joueurs, qui sont en général assez jeunes et qui ne s'intéressaient pas trop à cet aspect ?
Pour ma part, je pense que le tort était partagé entre les joueurs et les orgas. À l'époque, les orgas voulaient un engagement sur un an, et bla bla bla... Mais c'était quelque chose de nouveau à ce moment-là. Il n'y avait rien de fait à ce niveau-là à part les LCS. Il y avait la Coke League, mais rien de ouf au niveau local. Et il y avait surtout beaucoup d'organisations qui voulaient... Je ne dirais pas qu'elles voulaient gagner de l'argent sur notre dos, mais elles essayaient surtout d'obtenir des deals et des sponsors en gardant quelques joueurs ou des trucs comme ça. Mais en vrai, je pense qu'elles ne voyaient pas les choses comme on les voit aujourd'hui. Par exemple aujourd'hui, quand une organisation monte une équipe, elle s'y connaît mieux niveau joueurs, niveau staff, etc. J'ai connu des organisations dans lesquelles on avait un manageur qui ne servait vraiment à rien, ou ce genre de chose. Et ça, c'est quelque chose qui joue vraiment sur le mental, et tu ne peux pas dire à ta structure que tu n'aimes pas le manageur parce qu'il ne sert à rien. C'est compliqué. Surtout qu'on est jeune, on est sur place et on veut juste jouer. Je pense que la différence est surtout là. Avant, on voulait juste jouer, jouer, jouer, et c'est tout. Genre, on s'en foutait un peu des résultats et des conséquences en cas de défaite parce qu'on était des nonames. Mais maintenant, il y a des joueurs qui ont une fanbase, et ça s'est professionnalisé en règle générale. Je pense qu'aujourd'hui, c'est mieux qu'avant parce qu'à l'époque, ce n'était pas le top.

 

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Crédits Photo @RiotGames

 

Certains joueurs professionnels français ont dit qu'une fois bien implanté dans la scène française, il était très compliqué de faire la transition vers la scène européenne, et qu'il valait donc mieux chercher directement à percer au niveau européen. Qu'en penses-tu ?
Je pense que c'est différent aujourd'hui. Aujourd'hui, les ligues nationales sont un peu plus reconnues par les équipes européennes en LCS. Par exemple, cette année à la GH, ça arrivait qu'on regarde pas mal de games des ligues espagnoles, françaises, etc. Et je pense que quand tu es un bon joueur, que tu prouves à tout le monde que tu es trop bon pour ta région, les équipes européennes le remarquent, et c'est là qu'il ne faut pas être con. Même si tu es bon, si tu ne montres pas une bonne image de toi-même, alors personne ne voudra de toi. Moi par exemple, la raison pour laquelle je suis allé chez Fnatic, c'est parce que je connaissais Klaj à l'époque. Lui me connaissait vite fait mais il savait que j'étais dans la scène française depuis longtemps et que je pouvais avoir le niveau au-dessus si je le voulais, etc. Je pense que c'est juste une question de mentalité et aussi d'avoir les bons contacts. Je pense qu'aujourd'hui, en France, tu as beaucoup de joueurs qui ont beaucoup de... je ne dirais pas d'égo, parce que j'en avais aussi beaucoup à l'époque... Mais je dirais qu'il faut connaître ses limites. Si tu insultes Forg1ven, et que demain il monte une équipe, il ne voudra jamais de toi dans son équipe. Ou bien si tu es un ADC et que tu insultes Kobbe, et que plus tard, un recruteur demande à Kobbe : "tu as déjà vu jouer ce mec en soloQ ? tu peux m'en dire plus ?"... parce que c'est comme ça que ça marche. Par exemple, personnellement, je connais deux ou trois midlaners en soloQ que je trouve bons, mais il faut qu'ils sachent aussi la fermer. Les joueurs toxiques, ça n'intéresse personne.

Donc aujourd'hui, pour devenir pro, l'aspect comportemental est aussi important que le skill si je comprends bien ?
Je pense que oui. Mais pas que. Par exemple Caps, le mec était un dieu mécaniquement mais il était vraiment débile. Lui a eu la chance que Fnatic l'ait aidé à changer. C'est pour ça qu'ils l'ont pris au début, il était très bon, ils le savaient, mais ils savaient aussi qu'il était toxique à l'époque. Depuis il a changé, et aujourd'hui, c'est un des meilleurs joueurs. C'est surtout ça, c'est l'aspect mental et comprendre que si tu n'as rien accompli pour l'instant, il ne faut pas t'enflammer. Il faut toujours commencer en bas de l'échelle. Tu peux recevoir des offres mais il faut surtout penser à soi-même. Ce n'est pas non plus parce que tu as une offre bottom LCS que tu dois y aller à 100 %. Il faut bien prendre son temps, réfléchir à sa carrière, etc.

Tu fais tes premiers pas dans une équipe internationale chez Fnatic Academy en novembre 2016. Comment la transition s'est-elle déroulée entre les structures françaises en pleine professionnalisation et Fnatic, qui est une des structures les plus emblématiques d'Europe ?
En fait, j'ai eu de la chance d'aller chez Fnatic et pas dans une équipe qui ne connaissait pas vraiment l'esport. Chez Fnatic, on était traités comme les joueurs LCS, et c'est ça qui était vraiment bien chez eux. Quand tu arrives, tout est parfait, il n'y a pratiquement jamais de problèmes. C'est vraiment ça l'avantage que Fnatic avait sur les autres équipes. Il n'y a jamais eu de problèmes de paiements par exemple. Et en plus, ils ont tellement travaillé avec des rookies et tout ça qu'ils m'ont facilement formé. Ils savaient quoi faire et ils avaient toute l'expérience nécessaire. Je pense que c'est ça qui m'a vraiment aidé chez eux. Au début, c'est comme dans chaque équipe, ça ne se passe pas bien quand tu es un rookie. C'était la même chose pour moi et pour Broxah à l'époque. Au début, on était vraiment nazes. Mais l'organisation et tout ça, ils ont mis toutes les chances de notre côté, ils ont fait en sorte qu'on devienne meilleurs, et ça a marché. Pour moi, ça n'a pas été si simple que ça au début, mais une fois que tu passes un cap, une fois que tu as le bon niveau, c'est à ce moment-là que tu te rends compte que c'est bon. Une autre chose qui n'était pas facile, c'est que je n'avais jamais fait six scrims par jours pendant une semaine. Au début je pensais que ça allait me souler, mais c'est comme ça que tu apprends. Je pense que c'est ça la plus grande différence. En France, c'était plus chill, et chacun était bon individuellement, mais en Challenger Series c'est différent. C'est vraiment un jeu de team.

Concrètement, cet accompagnement, il se traduit comment pour un rookie ? Sur quels aspects est-ce qu'on t'a vraiment appris à te professionnaliser ?
En fait, je dirais qu'il s'agit surtout de la confiance en soi. À l'époque, on avait un coach mental, et lui m'a vraiment beaucoup aidé, parce qu'il sait que quand tu es jeune, et que tu débarques dans un endroit où tu es tout le temps étonné... par exemple, je me rappelle la première fois que j'étais allé en GH, je venais d'arriver et j'ai vu Amazing qui jouait en soloQ à ce moment-là. J'étais choqué, en mode, "ah ouais, on est vraiment dans la même GH alors que je suis un nobody, et que lui il a fait les Worlds..." T'es choqué mais c'est comme ça, et après tu apprends et tu te rends compte qu'en fait, tu n'es pas loin de leur level. Si tu as ta chance, il faut la saisir.

En Challenger Series avec FNC Academy, tu avais une des lignes statistiques les plus faibles pour un midlaner. Pourtant, ton équipe s'est qualifiée pour les LCS. Comment expliques-tu cela ?
En fait, quand dans une équipe tu as Kikis, MrRallez, Amazing... Quand tu as quatre mecs qui s'y connaissent bien... J'étais le seul rookie, à part Broxah vraiment au début. Mais quand Amazing est rentré, c'était vraiment... On donne tout à Kikis, et en late game c'était MrRallez et un peu moi. C'était pas genre "Nisqy, tu vas jouer un carry, donc tu dois nous carry". Moi de base, j'étais surtout là pour apprendre. Si tu regardes nos games, tu vois qu’on ne jouait pas non plus autour de moi, et c'est normal. Quand tu as Kikis, tu joues autour de lui et c'est dix fois plus simple. Et moi, ça m'allait très bien parce que c'est à cette époque-là que j'ai compris que tu dois faire tes preuves si tu veux être le carry de la team. Tu ne peux pas devenir le carry de l'équipe du jour au lendemain si tu n'es pas assez bon. Moi, je respectais et j'acceptais ça. Je pense que c'est aussi pour ça qu'on a aussi bien joué, quand tu as un joueur qui accepte de jouer des supports mid ou de juste faire le minimum pour gagner la game. S'il le faut, je le ferai. Ça ne sert à rien d'essayer de faire plus que ce que tu dois faire pour gagner la game.

En mai 2017, c'est le grand saut vers le plus haut niveau sur la scène NA avec EnvyUS. Raconte-nous les débuts de cette aventure.
Au début, ça n'a pas été pas simple. Ils avaient aussi pris Pirean, du coup on était deux mids là-bas et on devait se battre pour le spot. Dès le début, j'ai senti que c'était très différent de ce que j'avais connu parce qu'il avait commencé avec deux ou trois semaines d'avance sur moi. Il avait commencé à jouer avec l'équipe avant moi, et moi je pensais que le mid titulaire, ça allait être moi. C'est là que j'ai compris que j'allais vraiment devoir faire mes preuves. C'est le meilleur qui jouera. Même si tu es ami avec l'adc ou le jungler, ça ne change rien, il faut vraiment être meilleur que l'autre. Et après, ça m'a fait du bien, parce que ça te fait apprendre. Tu es là-bas mais ce n’est pas pour ça que tu vas jouer. Si un autre est meilleur que toi, ils s'en foutent. Donc au début ce n'était pas simple. Mais j'ai eu la chance qu'Appollo m'ait beaucoup aidé au début, parce qu'il se rendait compte que j'étais fort mais que je n'avais pas beaucoup de teamplay. Donc il a commencé à m'aider, à me conseiller de regarder des VODs, etc. Et c'est à partir de là que j'ai commencé à step-up. Je spammais deux fois plus de soloQ que Pirean tous les jours, je ne regardais que des replays... Je ne voulais vraiment pas rater ma chance. À ce moment-là, j'ai commencé à mieux jouer et la team l'a remarqué. Quand ils m'ont donné ma chance, je l'ai saisie, et quand ils m'ont fait jouer, ils ont vraiment vu que j'étais meilleur et c'est là que je suis devenu starter.

 

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Crédits Photo @RiotGames

 

Cette alternance au poste est une chose dont on a encore peu l'habitude dans l'esport en occident. Comment vit-on la concurrence ? Penses-tu que ce soit une bonne chose pour les joueurs ? Pour la compétition ?
Je pense que ça dépend beaucoup des organisations. Par exemple, les Fnatic ne prendront jamais un autre mid pour motiver Caps parce qu'il est très bon. Pareil pour Rekkles. G2 ne fera jamais ça avec Perkz. Je pense que c'est OK si tu as deux rookies, parce que s'ils ont a peu près le même niveau, c'est celui qui travaillera le mieux qui aura le spot. Je pense que c'est ça qui était pas mal chez EnvyUs, parce qu'on était deux rookies, même si c'est vrai qu'il avait un peu plus d'expérience que moi. Mais on devait juste se battre pour être le meilleur, et moi ça m'allait et je ne m'en suis pas plaint. Par contre, je pense qu'il y a des joueurs que ça affecte mentalement, parce que tu peux aussi te dire que tu peux perdre ton spot du jour au lendemain ou que tu ne joueras peut-être pas la semaine prochaine. Moi, je jouais simplement mon jeu et je donnais le meilleur de moi-même, voire même encore plus que ce que j'aurais fait d'habitude.

Pourtant, dans les équipes coréennes, même celles où il y a des stars incontournables comme Faker, il y a souvent des remplaçants. Aujourd'hui, on voit souvent des rosters à 8-10 joueurs dans les équipes chinoises ou coréennes. Est-ce que tu ne penses pas que c'est l'avenir de l'esport que d'avoir des rosters plus larges en règle générale ?
Je pense que c'est un peu ce qu'on verra dans le futur. Le problème, c'est un peu comme au foot. Si tu n'as personne derrière toi sur le banc, tu t'en fous un peu. Enfin ce n'est pas que tu t'en fous, mais tu ne te dis jamais que si tu fail une fois, tu peux perdre ta place. Tandis que si tu as quelqu'un qui attend juste derrière, et qui se donne à fond... Même s'il est un peu moins bon que toi, il finira par te rattraper si tu te laisses aller. Je pense que c'est aussi cette mentalité qu'on retrouve en Corée. Ils ne peuvent pas souffler. Le moment où il y en a un qui veut prendre une journée de vacances, ou s'il en a un peu marre, et que l'autre joue 20 games par jour en soloQ, ou qu'il devient meilleur sur un champion à la mode... Ça va très vite. Il s'agit aussi de ça. Si tu as deux midlaners, que la meta change et qu'il y en a un qui joue tous les nouveaux champions en jeu alors que l'autre était plutôt fort sur les mages par exemple... Les gens s'en foutent de ton passé. Il faut juste être bon au moment présent et c'est pour ça qu'il faut tout le temps travailler. Tu ne peux pas souffler et tu ne peux pas être fainéant.

L'aventure NA s'est terminée avec l'arrivée des franchises. As-tu délibérément choisi de rentrer en Europe ou avais-tu d'abord cherché des opportunités en NA ?
Honnêtement, j'ai cherché un peu partout. À cette époque avec EnvyUs, je voulais vraiment tester l’Amérique pour voir si j'aimais. Mais je pense que les deux mois que j'ai passés là-bas ne m'ont pas suffi. Je n'y ai pas suffisamment goûté. Je n'ai pas profité assez de l'expérience pour dire si j'étais prêt à repartir là-bas. Alors oui, j'ai essayé d'être en LCS NA. Mais le problème, c'est qu'avec les franchises et les grosses équipes, il n'y a personne qui veut miser sur un import rookie. C'est très différent là-bas, sauf évidemment en ligue académique. Sauf que moi, je ne voulais vraiment pas me retrouver dans une ligue académique, parce que je savais que j'avais le niveau pour être en LCS. Donc oui, j'ai cherché un peu partout. Je ne dirai pas que j'ai aussi cherché en Turquie, mais quand tu n'as pas d'équipe, tu examines quand même toutes les offres que tu as devant toi. Souvent, ce que je fais, c'est que j'essaye d'avoir le plus d'offres possible, et ensuite je regarde et je vois ce qui me plait, je regarde les rosters, etc. Je ne me dis pas que je cherche une équipe en Europe et que je prendrai donc la première qui vient. Je prends mon temps et je réfléchis.

Finalement, tu reviens en Europe avec Splyce. Qu'est-ce qui a motivé ton choix ?
Eh bien, chez FNC Academy et chez EnvyUs, je n'avais pas vraiment eu le choix sur la composition du roster. Chez EnvyUs, j'y étais allé pour fill, et chez Fnatic, l'équipe était déjà faite. Ça faisait déjà deux fois que j'étais là pour fill une équipe et que je n'avais rien eu à dire sur le roster... Même si ce n'est pas pour autant que c'était des mauvais rosters. Chez EnvyUs, ce n’était pas si mal que ça et chez Fnatic, ils étaient vraiment bons. Mais après EnvyUs, je voulais vraiment avoir mon mot à dire sur l'équipe, et c'est pour ça que j'ai vraiment aimé Splyce. J'ai eu beaucoup d'offres en Europe, mais Splyce était la meilleure équipe sur le papier, et ils ont aussi respecté mes choix. Par exemple, dès le début j'ai voulu jouer avec Kasing et aussi avec Xerxe. J'avais déjà beaucoup parlé avec Kasing avant, pour savoir si je devais partir aux USA, etc. Il m'a donné des conseils parce qu'il s'y connaissait bien et il a beaucoup plus d'expérience que moi. Et il m'avait dit qu'il voulait jouer avec moi depuis longtemps mais on n’avait jamais eu la chance de jouer ensemble. Donc je ne dis pas que j'aurais rejoint n'importe quelle équipe pour être avec Kasing, mais c'était vraiment cool de pouvoir le faire, et ça s'est finalement fait. Et c'est la même avec Xerxe, parce que je le trouvais vraiment très fort, et je voulais jouer avec lui parce que c'était aussi un rookie. C'est ce que je cherchais, et ça a été parfait avec Splyce. Tout était bien, ils ont été cools.

Donc Splyce t'a impliqué dans l'étape de formation de l'équipe ?
On va dire que j'ai eu mon mot à dire. La différence entre la manière dont j'ai géré cette offseason et les anciennes, c'est que là, par exemple, on s'appelait sur Skype avec l'organisation et avec le coach, et je leur disais vraiment ce que je voulais, avec quel joueur j'aimerais bien jouer, ce que je voulais dans la GH. Bref, des trucs débiles, mais tu donnes tes conditions, et s'ils veulent vraiment que tu viennes, ils vont faire le nécessaire pour te prendre. Si aujourd'hui je joue avec Kasing et Xerxe, ce n’est pas une coïncidence. Splyce était plein de bonnes volontés, et ça a été fait. Et c'est comme ça que j'y suis allé.

Peter Dun est considéré unanimement comme un coach exceptionnel. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Je pense que la qualité de Peter Dun que les autres coachs n'ont pas, c'est qu'il est capable de t'aider sur n'importe quoi. Il est vraiment unique en son genre. Dès le début, quand il m'a parlé au moment de rejoindre Splyce, j'ai senti qu'il était très différent. Je ne sais pas trop comment dire, mais ça se voit qu'il veut vraiment gagner. Ça fait partie de ce qui fait qu'il est aussi bon en tant que coach. Il veut que tout se passe bien, qu'il n'y ait pas de problème dans la team, des trucs comme ça. Je pense que c'est vraiment un des meilleurs coachs. Il t'aide mentalement, il fait en sorte que, quand tu demandes quelque chose, ce soit fait le lendemain. Par exemple, si tu ne connais pas un match-up, il passera la nuit sur ce match-up pour te l'apprendre le lendemain. Je le respecte beaucoup parce qu'il m'apprend énormément sur le jeu, et il a vraiment une bonne vision sur la manière dont il doit faire apprendre le jeu aux joueurs. Il parle bien, il n'y a pas de tabou, quand il dit quelque chose, il le pense. Il est bon, c'est tout.

Dioud nous avait dit avoir eu l'occasion de travailler avec lui en 2017, et qu'il avait une énorme capacité à transmettre ses connaissances.
Oui. À chaque fois qu'il dit quelque chose, il n'a pas besoin de le répéter. On comprend tous, et on gagne beaucoup de temps avec ça aussi. Si tu as un coach qui doit toujours réexpliquer trois fois ce qu'il dit, tu perds du temps. Peter, tout ce qui est dans sa tête, il va te l'apprendre, et tu vas vite l'assimiler.

Duke a rejoint le coaching staff cette année. Qu'a-t-il apporté à l'équipe ? Quelle est ta relation avec lui ?
Le truc avec Duke, c'est qu'il a souvent une autre manière de penser que le coach. Par exemple, quand il s'agit de faire un move, Peter a une vision plus safe de comment jouer la partie. Mais à chaque fois que Duke dit quelque chose, on est vraiment attentifs, parce qu'il a toujours des idées intéressantes auxquelles on ne pensait pas vraiment. Je n'ai pas d'exemple précis, mais dans une situation où on ne sait pas quoi faire, Duke a une bonne vision et il donne vraiment de bonnes idées. C'est ça qui est bien avec Duke, il a toujours plusieurs idées différentes. Il n'a pas qu'une idée qu'il répète. À chaque fois qu'on se retrouve dans une situation qu'on ne connaît pas ou sur laquelle on bute un peu, lui arrive avec une autre idée qui peut parfois changer notre jeu. Il a vraiment une vision du jeu que peu de personnes ont en Europe. Et c'est tout ça qui fait de lui un bon coach analytique.

 

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Crédits Photo @RiotGames

 

Quels étaient vos objectifs et votre état d'esprit quand la saison a débuté ?
Le problème, c'est que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, et c'était aussi le cas pour beaucoup de gens de l'équipe. Je pense que même Odoamne et Kasing ne savaient pas trop. Ils voulaient à 100 % aller en playoffs, ça c'est sûr. Il n'y avait pas vraiment de débat, je pense qu'on était meilleurs que des équipes comme UoL, etc. Mais ce n'est pas parce que tu as de bons joueurs que tu vas être une bonne équipe. Et je pense que c'est aussi à partir du moment où on a compris qu'on devait jouer comme une équipe qu'on est devenus meilleurs. Au début, on visait juste les playoffs avec un top 6, mais une fois qu'on a compris comment jouer ensemble, et qu'on a commencé à avoir une bonne synergie, là, on s'est dit qu'on pouvait viser un top 4. Je dirais qu'on est passés d'un top 6 à un top 4. Mais au début, ce n'était vraiment pas simple.

Vous finissez la saison régulière à la 3ème position, vous qualifiant par là même pour les playoffs. Peux-tu revenir sur le déroulement de la saison régulière ? Quels en ont été les tournants selon toi ?
Je pense qu'au début, le problème était qu'on jouait trop safe. Par exemple, Xerxe et moi, on ne tentait rien de spécial. En scrims, je dirais qu'on était un des meilleurs duos mid jungle. On apprenait vite, on assimilait vite les match-ups... On se donnait à fond. Mais le problème, c'est qu'on ne jouait pas du tout de la même manière sur scène, et c'était ça qui était dur. Par exemple, quand tu as un joueur comme Odoamne, si tu le libères de sa lane, le mec est très fort. C'est ce genre de chose qu'on ne savait pas trop bien faire. Comment réagir à certaines situations, etc. Mais après quelques semaines, on a commencé à comprendre, et c'est à partir de là que ça a été plus facile pour nous. Je dirais qu'on a commencé à jouer comme une team.

En playoffs, vous avez d'abord battu ROCCAT 3-0. Peux-tu revenir sur cette rencontre ?
Je pense que nous n'avons même pas très bien joué contre ROCCAT. On savait qu'ils n'étaient pas réellement dangereux. On savait que si on jouait notre jeu et qu'on ne faisait pas d'erreurs, ils n'allaient pas faire grand-chose. Je pense qu'ils étaient trop inexpérimentés. Sinon, on a juste joué normalement, et on va dire que ça s'est passé relativement comme prévu.

Vous avez ensuite perdu 3-1 contre G2. Comment analyses-tu cette défaite ?
Ce jour-là, si je me rappelle bien, nous sortions d'une bonne semaine de scrims. On était vraiment chauds. Le problème, c'est que G2 était vraiment bon, et notre rythme sur la meta n'était pas ouf à ce moment-là. Et quand il ne reste que quatre équipes, vu qu'on devait jouer contre G2 le week-end suivant, on n'avait scrim que contre Vitality et Fnatic. Et ça a été un problème. Par exemple, le Swain a été un gros problème dans la série parce que lorsqu'on l'avait, on gagnait, et lorsque l'ennemi l'avait, ils gagnaient. Sauf que quand on scrimait contre Fnatic ou Vitality, ce n'était pas un problème. Et je pense qu'on a été surpris. Mais on n'avait vraiment pas un bon rythme sur la meta, et je pense que nous n'avons pas joué à notre top niveau sur cette série. Il y en a qui ont peut-être un peu choke. Mais en fait, non, ils n'ont même pas choke, c'est juste que par exemple, Kasing, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas joué de playoffs en LCS. Moi, par exemple, je n'avais pas de pression et c'est pour ça que sans me vanter, en playoffs, j'étais bon comparé à la saison régulière. Et je pense que ça a beaucoup joué. Moi, je n'avais aucune pression, tandis qu'eux avaient des choses à prouver. Ça a donc un peu joué, mais je pense qu'on a aussi mal joué en tant qu'équipe et on l'a vite compris. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a mieux joué contre Vitality.

Justement, vous remportez ensuite le match pour la 3ème place contre Vitality à Copenhague. C'était la première fois que tu jouais sur une aussi grosse scène ?
Oui ! C'était la première fois.

Ce n'était pas trop intimidant ? Comment aviez-vous préparé la rencontre ?
Avant la partie, avant de monter sur scène, Kobbe était en mode "allez, ne t'inquiète pas, t'es bon, tu vas y arriver..." Je ne dirais pas que j'étais stressé, mais quand tu es nouveau, que tu es dans un autre pays, que tu joues contre Vitality qui est une bonne équipe... En plus c'était Jiizuke, ce n'est pas un mid passif. Je me demandais vraiment ce qui allait se passer s'il était meilleur que moi, si j'allais perdre la partie, etc. Et c'est là que j'ai commencé à sentir l'adrénaline, et je me suis dit que je ne pouvais pas feed. Il y avait tellement de monde, c'était interdit de feed. Et j'ai juste joué normalement, finalement. Kobbe essayait de me rassurer, alors que lui-même n'était pas rassuré ! C'était un peu drôle mais ça a été. Les deux ou trois premières minutes de la partie, j'étais un peu stressé, mais à partir de là, c'est redevenu normal et je me sentais encore mieux que d'habitude. J'ai fait beaucoup plus attention, je réfléchissais beaucoup plus, je parlais beaucoup plus, j'étais à mon top level.

En battant Vitality, vous vous êtes qualifiés pour les Rift Rivals qui auront lieu cet été contre les trois meilleures équipes NA. Qu'est-ce que ça fait de représenter l'Europe à l'international ?
Bah déjà, on va pouvoir montrer aux Américains qu'on est meilleurs (rires) ! Le truc, c'est que j'ai commencé là-bas. Je pense que ça va me faire vraiment bizarre parce que je sais comment ça marche là-bas, je sais comment pensent les gens. Par exemple, après la game contre Vitality, lorsque j'ai été sur Reddit et qu'ils parlaient de moi, ils disaient "ah, les mids américains sont tellement forts, c'est nous qui l'avons formé..." Alors que bon, je suis européen de base. Donc je ne sais pas... Ça va être marrant. C'est la première fois que je vais représenter l'Europe à l'international. Ça fait vraiment plaisir. C'est un honneur pour moi de représenter l'Europe et on va leur montrer qu'on est meilleurs.

Donc EU > NA malgré l'argent des franchises ?
Je ne sais pas... je pense que pour l'instant, c'est un peu even. Fnatic est très très bon, et c'est un level au-dessus de toutes les équipes européennes. En NA, c'est plutôt les Team Liquid qui sont meilleurs que tout le monde. Mais je pense que de manière générale, c'est pratiquement le même niveau. Le problème, c'est que nous n'avons pas la même meta qu'eux. Ils jouent des champions différents des nôtres. Du coup, c'est très dur à dire. Eux, je pense qu'ils aiment plus le teamfight alors que nous, on aime beaucoup plus jouer avec les sides lanes, les set-ups de waves, etc.

 

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Crédits Photo @RiotGames

 

As-tu suivi les NA cette saison ? Que penses-tu d'Echo Fox, Team Liquid et 100 Thieves ?
En fait, j'avais un peu peur pour 100T. Je n’étais vraiment pas convaincu par Cody Sun et je pensais qu'il n'était pas ouf. Mais il a montré qu'il n'était pas si mal. Concernant Team Liquid, je pense que c'est une des meilleures super teams qu'il était possible de construire en NA, donc je pense qu'ils sont vraiment pas mal. Ils ont tous de l'expérience et ils sont tous très bons. Rien que quand tu regardes la midlane et l'ADC, on n’est pas loin de ce qu'il y a de meilleur en Amérique. C'est le top 2. Et rien que ça, c'est incroyable. Je pense que Team Liquid fait vraiment peur et si on joue contre eux, ça ne va pas être facile. Echo Fox... Même s'ils ont Huni, je ne pense pas qu'ils soient très bons en équipe. Ils ont des bonnes individualités mais je pense qu'ils ne se sont pas encore trouvés. Ça va prendre du temps pour eux mais je pense qu'une fois qu'ils sauront bien jouer ensemble, ça va être mortel. Mais pour l'instant, ils ne font pas vraiment peur.

Que penses-tu du système de franchises, et de leur arrivée en LCS EU l'année prochaine ?
En vrai, je n'en ai aucune idée. Je ne sais pas du tout ce que ça va donner en Europe. Je crois que les salaires vont augmenter pour les joueurs et qu'il y aura de nouvelles organisations, etc. Je ne sais pas si ça convient à l'Europe. En Amérique, ça marche, mais tous les sports sont comme ça là-bas. Quand il n'y a pas de risque, c'est plus simple pour les joueurs, il pourra y avoir beaucoup plus de rookies, etc. Maintenant que j'y pense, ça devrait être pas mal en Europe en fait, parce que je pense que tu n'as pas autant de talents en Amérique. Les équipes qui veulent miser sur un joueur pourront le faire parce qu'il n'y aura pas de gros risque. Je pense que c'est bien mais il faut voir... Moi, personnellement, ça m'est égal, en fait. Je veux juste jouer et c'est tout.

Comment se passe la vie au quotidien dans la gaming house ?
Donc le matin, on se lève tous à 11h. Ça, c'est la base : on doit tous être à 11h devant notre PC. Ensuite, on fait une ou deux soloQ puis on mange à 12h30. Après avoir mangé, on a un petit meeting de 15-20 minutes et ensuite, de 13h à 16h, on scrim. Après, on fait une petite pause d'une heure, et après, ça dépend des jours, mais on refait des scrims jusqu'à 20 ou 21h. Il faut compter six parties par jour contre une autre équipe. Et après ça, tu as du temps libre. Mais bon, normalement, tu fais juste de la soloQ et si tu as quelque chose à faire, comme appeler quelqu'un, tu le fais à ce moment-là. Mais d'habitude, c'est deux, trois voire jusqu'à six soloQ après les scrims. Et enfin, c'est dodo. Tu n'as pas de timing précis à respecter, tu ne dois pas aller au lit à minuit ou à une heure, mais tant que tu n'es pas crevé le lendemain, ils s'en foutent de l'heure à laquelle tu vas dormir.

Il y a des horaires aménagés pour le sport ? Rencontrer le coach mental ou parler stratégie ?
Alors on n’a pas de coach mental chez Splyce et je ne pense pas qu'on ait vraiment besoin de ça. On est tous assez grands pour en parler ouvertement. En ce qui concerne le sport, chacun fait ce qu'il veut. Chez Splyce, il n'y a pas d'obligation. Je sais que Kasing et Odoamne font du sport alors que Kobbe, Xerxe et moi, on joue plus. Chacun gère son propre planning en dehors de l'entraînement. Il y a juste le jeudi matin où on rencontre un physio. On a des exercices à faire pendant une heure ou une heure et demie. Mais sinon, c'est tout.

Splyce est une structure multigaming. Avez-vous des relations avec les équipes des autres jeux ?
Pas vraiment. Après, je pense que c'est aussi un problème de temps. Quand tu es en gaming house, tu n'as pas vraiment le temps de faire autre chose que de jouer. Tu n'as pas le temps d'aller rigoler ou de faire connaissance avec de nouvelles personnes. Tu es focus sur toi-même et tu joues.

Quel est ton programme pour l'offseason ? Te verra-t-on au MSI ?
Pour le MSI, je viens d'avoir la confirmation que j'y serai. Mais pour l'instant, je suis en Belgique. Ça fait trois semaines que je suis là, et en ce moment, on est tous à la maison.

Un dernier mot pour les lecteurs d'aAa ?
Je remercie la communauté FR pour son soutien. Je sais qu'il y en a beaucoup qui me suivent, même quand on joue mal. Je sens qu'il y a vraiment des Français qui me suivent un peu partout, et même quand j'étais en Amérique. Ça fait vraiment plaisir. Et aux Rift Rivals, même si je ne suis pas français (rires), je leurs ferai comprendre que les francophones sont bons ! Je leur montrerai le level !

Je voudrais aussi remercier Bang Bang Management parce qu'ils m'aident beaucoup. Ils m'aident sur tout. Par exemple, ils gèrent tout ce qui se passe autour du jeu, et moi, je n'ai rien à faire. Je me focus juste sur mon jeu et ils me donnent des bons conseils. Si j'ai une question sur ci ou sur ça, ils m'aident directement. C'est pas mal !

Et merci à vous pour l'interview !

 

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Infos Rédacteur

Prénom : Victor

Nom : L.

Ville : Angers

Twitter : Twitter

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Dishwasher le 16/05/2018 à 18:0616 May 2018 à 18h06#1
Itw très interessante comme l'était celle de Zaboutine, j'espere qu'il y en aura d'autres à venir :)
Waulk le 16/05/2018 à 18:1716 May 2018 à 18h17#2
Excellente interview.
Flobout le 16/05/2018 à 21:4516 May 2018 à 21h45#3
Le passage sur Peter Dun et le coaching staff de Splyce est vraiment intéressant.
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