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BlogSommes-nous en train de tuer le fun ? Par Galendder le 29/03/2018 à 13:59 - Vote(s) : 0 vote_moins  0 vote_plus
Avant toute chose, je pense qu’il faudrait poser un cadre à toute cette réflexion. Tout ceci n’est que mon point de vue et non une vérité absolue. Moi c’est Galendder, joueur depuis que j’ai environ 4-5 ans, j’en ai aujourd’hui 22. Cette « longue » expérience m’a permis notamment de voir évoluer les différentes scènes, mais j’ai commencé à vraiment m’impliquer dans l’Esport et à suivre des matchs à la belle époque de VeryGames sur Counter-Strike Source.

Avant toute chose, je pense qu’il faudrait poser un cadre à toute cette réflexion. Tout ceci n’est que mon point de vue et non une vérité absolue. Moi c’est Galendder, joueur depuis que j’ai environ 4-5 ans, j’en ai aujourd’hui 22. Cette « longue » expérience m’a permis notamment de voir évoluer les différentes scènes, mais j’ai commencé à vraiment m’impliquer dans l’Esport et à suivre des matchs à la belle époque de VeryGames sur Counter-Strike Source.


Alors pourquoi raconter ma vie direz-vous ? Tout simplement pour mettre en évidence le fait que je ne suis pas accroché au milieu compétitif depuis seulement quelques semaines. Je n’ai jamais joué à haut niveau, j’ai mis longtemps avant de faire ma première LAN, ce qui fait de moi ce qu’on appelait à l’époque « un netteux », mais aujourd’hui, une question me revient sans cesse concernant les différentes scènes que j’observe et plus globalement l’industrie du jeu vidéo (en multijoueur) :


Sommes-nous en train de tuer le fun ?


La goutte de trop


Il faut savoir que cette question je me la pose maintenant depuis plusieurs mois, et j’ai pu en discuter avec d’autres joueurs et personnes impliquées notamment notre cher Zidwait, mais également des potes qui ont toujours plus ou moins joués en casu sans chercher à monter dans le ladder.
Cependant, récemment, une vieille connaissance a tweeté ceci : 

Le tweet en question

 

Le tweet pointait vers un topic sur le site de nos confrères Vakarm où un joueur s’indignait et insultait assez allégrement une petite LAN qui, selon lui, était complètement merdique puisque les troisièmes ne repartaient avec rien.


M’est alors venu ma première question : Voulons-nous tous devenir top FR ?

La réponse est évidemment non. Certains jouent à CS pour pouvoir passer du temps avec leurs potes, avec leur copain/copine, d’autres à LoL etc… Mais aujourd’hui, il y a à mon sens deux facteurs qui poussent les joueurs à vouloir toujours être meilleurs avant même de prendre du plaisir à jouer.


Le matchmaking, la source d’anonymat.


Plus haut je disais que j’ai vraiment commencé à m’impliquer au niveau compétitif avec Counter-Strike : Source, jeu où à l’époque le matchmaking n’existait pas. 

Il serait mentir de dire que la communauté était parfaite vu qu’elle était tout de même assez sauvage, là où tout tir suspect vous valez d’être insulté de cheater pendant toute la « war » (Une habitude que l’on retrouve toujours de nos jours mais de manière encore plus fréquente).


Cependant, pour pouvoir faire des matchs de manière compétitives plusieurs possibilités s’offraient à vous : Faire des scrims contre des équipes que vous connaissiez, ou bien passer par des sites tiers tels que ClanCalendar ou bien ESL.


Il vous fallait une fiche d’équipe, mais également une fiche joueur, qui avait une certaine importance car elle serait le premier contact que l’équipe adverse aurait de vous. De ce fait, une équipe réputée pour être malveillante avait souvent du mal à trouver des matchs, au même titre qu’un joueur freeagent avait du mal à trouver une équipe si sa fiche montrait sa toxicité.



Aujourd’hui tout ça a disparu pour laisser place à une méthode qui permet certes de trouver des matchs plus facilement, mais sans savoir avec qui : le matchmaking.

Pour moi il s’agit bien là d’un des maux du jeu en ligne à l’heure actuelle puisqu’il est plus aisé d’être toxique face à des gens que vous ne rejouerez jamais, et qui ne vous empêcheront pas de l’être à nouveau.


Le deuxième effet kisscool du matchmaking est la disparition progressive des serveurs privés, qui permettaient alors d’établir une communauté restreinte et où il était plaisant de jouer, comme on pourrait passer une soirée sur FIFA avec des potes. Les gens y étaient souvent accueillants, et les éléments perturbateurs dégageaient assez vite si ces derniers étaient vraiment trop problématiques.

Je me suis moi-même fait virer de beaucoup de serveurs pour avoir chercher la merde sans retenue. A l’heure actuelle, je peux balancer les pires insanités du monde dans une game, la game d’après les joueurs auront changer et au moindre accro, je pourrai ressortir les griffes sans aucun souci.



Tout est Esport ready.

Aujourd’hui, un jeu multijoueur où de l’opposition est présente a énormément de chance d’avoir un système de ranking permettant aux joueurs de se situer par rapport aux autres. 

Ce système est à double tranchant : Quelqu’un qui veut juste passer du bon temps en jouant tout de même sans faire n’importe quoi ne pourra pas aller en classé car son niveau sera trop faible et il se fera donc insulter, mais ne pourra pas non plus aller en partie rapide car les parties y sont souvent confuses et sans véritables intérêt tant les joueurs font absolument n’importe quoi.

Beaucoup d’éditeurs misent à l’heure actuelle sur le compétitif pour mettre en avant leur multijoueur, au détriment de joueurs qui ne voulaient qu’une chose qui était essentielles dans le jeu vidéo : S’amuser.


Je sais déjà que certains me répondront que « Gagner peut permettre de s’amuser en montant dans le ladder aussi ». Bien sûr que certains, dont moi, éprouvons une certaine satisfaction et un amusement à gagner en compétitif et à monter petit à petit, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Ce n’est pas le cas de Thierry qui veut juste aller faire une petite partie tranquille avant d’aller dormir, mais qui se fera insulter parce que pour se détendre il a voulu prendre Hanzo sur Overwatch.


Un peu de positif


Si je tire un constat très amer de l’évolution du jeu multijoueur, il ne faut pas oublier que tout n’est pas noir, et qu’il reste encore du bon. Récemment j’ai fait l’acquisition de Battlefield 1, série que j’ai boudé depuis Battlefield : Bad Company 2 qui fut une de mes meilleures expériences multijoueurs, et j’ai découvert avec joie que certains éléments cités plus haut n’étaient pas présents. 

Il existe certes un système de progression, mais il ne permet pas de savoir si vous êtes meilleur ou moins bon qu’un autre, mais plutôt de jauger votre expérience. Il s’agit d’un des jeux qui m’a permis de renouer petit à petit avec le fun, et de recommencer à jouer aux jeux en ligne en équipe.

Il s’agit d’un jeu où la toxicité montante et déjà fortement élevée des jeux en ligne est largement atténuée et où l’on peut passer un bon moment, qu’il s’agisse de jouer sérieusement ou bien de faire n’importe quoi avec des copains, et c’est ce genre de jeux qui me font dire que nous n’est pas perdu et que nous sommes encore capables de créer des jeux qui ne visent pas que le compétitif, mais avant tout l’amusement.

6 commentaires
Sunsura_ le 29/03/2018 à 14:0929 Mar 2018 à 14h09#1
Assez d'accord, j'ai dans l'ensemble le même sentiment que toi, et j'ai découvert avec joie Battlefront 2 dernier du nom dans lequel je ne fais que m'amuser plutôt que chercher la perf, car c'est rendu possible par l'absence de classement hors game.
Netharya le 29/03/2018 à 14:2229 Mar 2018 à 14h22#2
J'rejoins complètement le point sur l'anonymat. Plus t'es anonyme, plus tu te permets d'être un connard.
Rien que sur WoW, à Vanilla tu avais une réputation qui pouvait te suivre parfois inter-serveur. La politesse était beaucoup plus de mise parce que les joueurs, tu pouvais les recroiser fréquement. De même pour la réputation de ta guilde.
Aujourd'hui avec le donjon/raid finder, tout le monde se permet d'être un parfait connard puisque c'est en inter serveur et du coup le pool de joueurs beaucoup plus conséquents.
Mais enlever l'anonymat revient un peu à fliquer le joueur. Ou alors on fait comme sur LoL en Corée o/
Codmad le 29/03/2018 à 16:0429 Mar 2018 à 16h04#3 Edité par Codmad le 29/03/2018 à 16:05
D'accord également, j'ai aussi l'impression que quand l'aspect compétitif d'un jeu est moins développé, les gens ont moins tendance à rager sur ceux qui ne font pas comme les pros / la métagame.
Par exemple en saison 1 sur LoL, l'esport sur le jeu était vraiment très peu développé comparé à aujourd'hui et on pouvait jouer n'importe quoi n'importe ou sans gêner qui que ce soit.
Nouille le 29/03/2018 à 16:4929 Mar 2018 à 16h49#4
En réponse a #3Le coté toxique des gens apparait plutôt au moment ou il y a un classement officiel, voir les débuts de la ranked sur LoL, les "médailles", hauts fait

Le coté compétitif (HL) d'un jeu augmente plutôt la visibilité du jeu, son nombre de joueurs et donc son nombre de co******.
ritCh le 29/03/2018 à 16:5729 Mar 2018 à 16h57#5
Je pense que tu te trompes sur quelques points.

D'abord je pense que ton passé sur CS:S biaise ton point de vue sur la recherche de pracc et l'anonymat. En effet là où beaucoup de choses se passaient sur ESL pour CS:S, quasiment rien ne s'y passait sur 1.6. Et ce parce que CSS était loin d'avoir la popularité de son ainé. La France faisait exception quand au développement de la scène esport CS:S notamment car la communauté s'est rapidement rassemblée sur Vakarm et ESL et autour de Verygames qui dominait outrageusement le monde. A l'international tous les tournois majeurs et les grosses équipes esport ont préféré 1.6 a CS:S jusqu'a l'arrivée de CSGO.
En quoi celà biaise ton point de vue? Etant donné l'impopularité de CS:S dans l'esport a l'international, le jeu avait moins d'interets aussi dans les niveaux inférieurs: les chans de recherches de last et de pracc sur IRC n'étaient pas remplis, donc peu utilisés, donc les gens se retournaient sur ESL là où comme tu l'as expliqué l'anonymat n'était pas présent.

Sur 1.6 à tout était exactement comme aujourd'hui, mais pas automatique . Comme tu l'as dit à cette époque il n'y avait pas de matchmaking donc pour faire des "war" ou des "pracc" il fallait:
- soit connaitre des gens avec qui jouer, comme aujourd'hui
- soit aller sur des forums chercher des gens avec qui jouer, comme aujourd'hui
- soit aller sur IRC chercher des lasts de ton niveau du genre "need last High++ TS ON" sur #clanwar.fr puis une fois les 5 joueurs trouvés tu devais chercher ton match en disant "5v5 serv ON High++" ce qui ressemble fortement à un matchmaking d'aujourd'hui mais pas encore automatisé.

L'anonymat y était donc le même qu'aujourd'hui... à ceci prêt qu'on était beaucoup, beaucoup moins de joueurs. Donc au bout de quelques temps on se connaissait tous. A tel point que rapidement des channels de recherches de pracc privés ont vu le jours, où les possesseurs des chans filtraient à l'entrée les joueurs connus pour cheat, spam, etc.. ou juste par rapport au niveau de jeu.
On se connaissait parce qu'on était peu nombreux. Si on devait se passer des matchmaking aujourd'hui l'anonymat serait tout aussi présent. Et pour reprendre l'argument dans l'autre sens, aujourd'hui avec les matchmakings, à haut niveau tout le monde se sonnait comme à l'époque.

Ensuite " Ce n’est pas le cas de Thierry qui veut juste aller faire une petite partie tranquille avant d’aller dormir, mais qui se fera insulter parce que pour se détendre il a voulu prendre Hanzo sur Overwatch."

Oui sauf que si Thierry fait juste une partie de temps en temps suivant les jeux il peut très bien jouer sur un mode fun ou jouer à un niveau de rank si bas que tout le monde y fait n'importe quoi justement pour s'amuser. Une personne qui veut s'amuser de temps en temps sur les jeux esport le peut. Sur LoL Thierry peut jouer en normal ou même en ARAM. Sur CSGO il peux faire du deathmatch ou des Armraces. Mais si Thiery veut jouer au mode "esport" des jeux, les rankeds, c'est forcément avec l'ambiance compétitive qui va avec. Tierry a le choix entre les modes fun et les modes compétitif.

Pour finir, le rapport que tu fais entre le commentaire sur le cashprize d'une petite LAN et la perte d'amusement n'a pour moi pas de sens. D'un coté on parle de joueurs esport qui se plaignent du manque de récompense d'une petite compétition, et de l'autre tu parles d'amusement sur des jeux esport.
A mon avis tu tombes dans le piège du manque de vocabulaire et de définitions dans le domaine du sport et par conséquent de l'esport.
Est-ce que prendre mon vélo pour aller acheter du pain fait de moi un cycliste? Le cyclisme comprenant toute utilisation d'une bicyclette dont la pratique quotidienne, on peut logiquement en déduire que oui. Pour autant je ne suis pas un coureur cycliste, je ne participe pas à des courses cyclistes. Pour aider à différencier les différentes pratiques la notion de cyclotourisme a fait son apparition mais elle ne comprend que le fait de se balader pour le plaisir à vélo, donc elle n'englobe pas le fait d'utiliser mon vélo quotidiennement pour me déplacer à des fins utiles.
C'est la même chose en esport. Le fait de jouer à un jeu esport pour m'amuser n'a pour moi pas le même sens que d'y jouer plus sérieusement dans le but de m’entraîner a devenir meilleur et obtenir un meilleur classement individuel, qui n'a pas non plus le même sens que de participer à une compétition esport. Mais par manque de mots et de définitions (et par soucis commercial bien évidemment) on englobe tout ça dans l'esport.
Lliane le 10/04/2018 à 08:3110 Apr 2018 à 08h31#6 Edité par Lliane le 10/04/2018 à 08:33
En réponse a #5Je dirais même qu'il y a un double paradoxe puisque d'un côté le "compétitif" s'est démocratisé avec le matchmaking qui n'a parfois de compétitif que le nom, de l'autre cette facilité éloigne d'une certaine manière les gens de ce qu'est la vraie compétition par équipe (avec 5 joueurs stables, des praccs, des tournois sur le net et des lans). Les tournois sur invitation n'aident pas non plus en fermant davantage le top niveau à l'emergence de talents, qui fait qu'on a des exemples de jeux ou le "top niveau" officiel n'est finalement qu'un mélange de top et de subtop qui n'a rien à faire dans ces grandes compétitions.
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